L’Atelier-Musée vous invite à découvrir l’histoire de l’imprimerie, puis à en expérimenter les gestes.
Découvrir
Le musée : une collection de machines et d’outils, et les techniques qui ont fait l’histoire de l’impression.
Les machines
un atelier toujours en marche.
Presses à bras, presses typographiques, presses lithographiques : la collection de l’atelier-musée retrace l’histoire de l’impression, et la plupart de ces machines fonctionnent encore.
La plus imposante est une grande presse lithographique à cylindre. La pierre dessinée repose sur son plateau, entre deux rangées de rouleaux encreurs. L’imprimeuse place chaque feuille à la main, et le grand cylindre vient la presser contre la pierre encrée. Elle imprime aujourd’hui comme au premier jour.
Une grande partie de ces machines, et vingt tonnes de pierres lithographiques, ont été offertes par Tom Borocco, l’un des derniers maîtres lithographes de France, à l’origine du lieu.
Découvrez-les en mouvement dans la vidéo.
La gravure sur métal
dessiner en creux.
Née vers 1440 dans la vallée du Rhin, la gravure au burin compte parmi ses grands maîtres Martin Schongauer, né à Colmar. Une technique locale, donc.
Le graveur dessine son motif sur une plaque de cuivre, puis le creuse au burin, ligne après ligne. On encre la plaque, on l’essuie : l’encre reste au fond des sillons. Sous la presse, le papier humide vient la chercher, et l’image apparaît, inversée comme dans un miroir.
Suivez chaque étape dans la vidéo, du croquis à l’épreuve sortie de la presse de l’atelier.
La lithographie
dessiner sur la pierre.
Inventée en 1796 à Munich par Alois Senefelder, la lithographie gagne la France grâce à un Alsacien, le Mulhousien Godefroy Engelmann, qui en devient l’un des grands pionniers.
Son principe tient en une loi simple : l’eau et le gras se repoussent. L’artiste dessine sur une pierre calcaire avec un crayon ou une encre grasse. On mouille la pierre, puis on passe le rouleau : l’encre s’accroche au dessin et glisse sur la pierre humide. Une feuille de papier, un passage sous la presse, et l’image apparaît.
Au XIXe siècle, la lithographie couvre les murs des villes d’affiches en couleur. L’art descend dans la rue.
« Quand on parle de lithographie, c’est vraiment l’art pour tous, c’est le démarrage de l’art dans la rue. »
Pascale Hurtlin
Le monotype
une image, une seule.
Inventé vers 1640 par le peintre italien Giovanni Benedetto Castiglione, puis adoré par Degas, le monotype est la plus libre des techniques d’impression.
Sur une plaque de verre, on étale une encre bleue. On y dépose de vraies feuilles, ramassées le matin même. On pose le papier par-dessus, et le tout passe sous la presse. En se soulevant, la feuille de papier révèle les silhouettes des feuilles, leurs nervures, leurs contours. Chaque tirage est unique : impossible de faire deux fois le même.
Découvrez-le en vidéo.
La reliure
donner corps au livre.
Depuis que le livre a remplacé le rouleau, il y a près de deux mille ans, des mains patientes rassemblent les pages pour qu’elles traversent le temps. Au Moyen Âge, les moines relient les manuscrits à la main. Aujourd’hui encore, le geste reste le même.
Le relieur plie les feuilles en cahiers, puis les coud un à un, à l’aiguille et au fil de coton. Les cahiers cousus forment le corps du livre. Il fabrique ensuite la couverture, en carton habillé de papier et de toile fine, et l’assemble au corps de l’ouvrage. Dernière touche : la dorure. Un outil chauffé presse une feuille d’or très fine sur la couverture, et le titre apparaît, brillant.
L’impression en relief
tout ce qui dépasse s’imprime.
C’est la plus ancienne famille d’impression, et la plus simple à comprendre : seules les parties en relief reçoivent l’encre, comme un tampon.
Vers 1450, Gutenberg applique ce principe aux lettres et met au point en Europe l’impression à caractères mobiles, après avoir mené ses premières recherches à Strasbourg. À l’atelier, chaque lettre est un petit bloc de bois ou de plomb, sculpté à l’envers. Le typographe les choisit une à une dans la casse, les assemble en mots, puis en lignes. On encre au rouleau, on presse, et le texte apparaît à l’endroit.
La linogravure suit la même logique : on creuse le linoléum autour du dessin, qui reste en relief et s’imprime.
Petit détail d’atelier : les minuscules étaient rangées dans le bas de la casse. C’est de là que vient l’expression « bas de casse ».
Découvrez-la en vidéo.
Le laboratoire photo
l’image qui apparaît.
Dernière née de l’atelier-musée, une chambre noire permet aujourd’hui de développer et de tirer des photographies en noir et blanc, grâce au matériel offert par un photographe.
Sous la lumière rouge, on glisse la feuille dans le bain de révélateur, et lentement, l’image surgit du papier blanc. Un moment de magie que petits et grands peuvent vivre lors des cours proposés à tous les âges.
Autour du laboratoire, une grande collection d’appareils photo raconte l’évolution de la technique, et des clichés anciens pris dans la région font revivre Ribeauvillé et ses environs d’autrefois.
Découvrez le laboratoire en vidéo.
Expérimenter
L’atelier : les mêmes outils, entre vos mains.
« Beaucoup arrivent ici en disant : ce n’est pas un endroit pour moi,
parce que je ne sais pas dessiner...
Et finalement, ils se disent : si, pourquoi pas. »
Pascale Hurtlin
Relier son premier carnet
Les plus jeunes plient leurs feuilles, les cousent et assemblent un premier petit carnet.
Les adolescents et les adultes vont plus loin : cahiers multiples, couvertures entoilées, dorure.
Le geste reste le même, la difficulté grandit avec l’âge.
Encadrés par d’anciens professionnels qui partagent leur métier avec patience, ces ateliers sont pensés pour tous, quels que soient l’âge, l’expérience ou les moyens.
Car l’histoire de l’imprimé appartient à tout le monde.
Renseignez-vous auprès de l’atelier pour découvrir les prochaines dates.
Graver à quatre mains
Un parent, un enfant, une idée à partager.
Ensemble, vous imaginez un dessin, puis vous le gravez à la pointe sur l’intérieur d’une simple brique de lait. On encre, on essuie, on passe sous la presse… et votre image commune apparaît sur le papier.
Les mêmes gestes que les graveurs depuis six siècles, avec un matériau du quotidien. Chacun repart avec son tirage, et le souvenir d’une œuvre faite à deux.
Renseignez-vous auprès de l’atelier pour découvrir les prochaines dates.
Votre classe à l’atelier
Histoire de l’écriture, arts plastiques, sciences, citoyenneté, découverte des métiers : l’imprimé touche à tout, et l’atelier-musée s’adapte à votre projet. Vous choisissez le thème, nous construisons la séance avec vous, selon l’âge et la taille de votre groupe.
Lithographie, typographie, gravure, linogravure, monotype, reliure, photographie : selon le projet, les élèves découvrent une ou plusieurs techniques. Ils voient les machines en fonctionnement, rencontrent des professionnels passionnés, puis passent à la pratique. Chacun repart avec ce qu’il a imprimé ou fabriqué de ses mains, une trace concrète à rapporter en classe.
« On apprend sans avoir l’impression d’apprendre. »
Pascale Hurtlin
Du CP au lycée, le lieu est accessible à tous, y compris aux personnes à mobilité réduite.
Contactez-nous pour préparer votre venue.
La lithographie en tête-à-tête
Un élève, une pierre, une imprimeuse.
En séance individuelle, adolescents et adultes s’initient à la lithographie aux côtés de Pascale Hurtlin, et suivent chaque étape de leur propre image.
On dessine sur la pierre au crayon gras, on prépare la surface, on la mouille, on encre. Puis vient le moment de vérité : la feuille passe sous la presse, et l’on découvre son image, imprimée comme les affiches d’autrefois.
Le temps est long, le geste exigeant, et c’est ce qui rend le résultat si précieux.
« On a cette chance-là de pouvoir comprendre et d’aller jusqu’au bout d’un travail qu’on a déjà imaginé en amont. »Pascale Hurtlin
Renseignez-vous auprès de l’atelier pour réserver une séance.
Résidences & expositions
L’atelier-musée accueille des artistes en résidence. Ils y travaillent la pierre, le cuivre et le papier, sur les mêmes presses que les visiteurs, aux côtés de ceux qui en connaissent chaque réglage.
Expositions du FRAC, œuvres contemporaines, rencontres : ici, l’art d’aujourd’hui se regarde de près, à quelques pas des presses. Pour les élèves et les habitants, c’est une chance rare : voir une œuvre naître, et parfois en parler avec celle ou celui qui l’a créée.
« L’art est beaucoup plus accessible puisqu’il est tout près. »
Pascale Hurtlin
Artistes : vous souhaitez travailler à l’atelier ? Contactez-nous.
À propos
En 2012, la rencontre entre un maître lithographe et la Ville de Ribeauvillé donne une seconde vie aux anciens abattoirs. Autour de lui, des passionnés apportent leur matériel et leur savoir : Benoît Kuster, imprimeur, Bernard Pierre, relieur, Gérard Berger, mécanicien. Pièce après pièce, l’atelier-musée se construit autour de l’histoire de l’imprimerie et de l’estampe.
Aujourd’hui animé par Pascale Hurtlin et une équipe d’anciens relieurs, imprimeurs et photographes, le lieu est devenu un atelier vivant.
Soutenu par la CAF et reconnu Espace de Vie Sociale, il accueille tous les publics : écoles, familles, artistes en résidence, et toutes celles et ceux qui pensent que l’art n’est pas pour eux.
Mardi : 15h – 18h
Vendredi : 9h – 12h
Tarifs
Entrée libre
Visites guidées :
5 € adulte
2 € enfant et étudiant
4 € par personne en groupe
15 rue de l’Abattoir 68150 Ribeauvillé